Vita et mors
Ce matin un brouillard plus léger s'insinue
Qui, montant de la mer, voile à peine la nue,
Et je descends, dans une hâte d'y courir,
Sur la grève où le flot lentement vient mourir.
Les dernières lueurs de l'aube se dispersent.
Pendant qu'à tournoyer de grands oiseaux s'exercent
En poussant vers le ciel moins rouge un cri perçant
Qui vient rompre le rythme étrange du jusant;
Pendant qu'à l'horizon où gît la nuit sereine,
Par une déchirure énorme et souveraine
L'astre du jour éclate et vient teindre d'or pur
Dans ce décor mouvant le rideau de l'azur.
Je laisse ma pensée errer, libre et ravie,
Et je goûte le sens éternel de la vie.
Ce soir la brise tiède expire. La forêt
Tressaille mollement et repose; on dirait
Que lasse de jaser avec le vent qui passe
Elle étend son manteau de feuilles dans l'espace
Pour mieux dormir et mieux étouffer tous les bruits
Qu'avivent les matins et qu'éteignent les nuits.
Et pendant qu'adossée à la montagne sombre
Elle se diminue encore dans cette ombre,
Effaçant peu à peu les ultimes reflets
Que le jour disparu retient sur les sommets;
Pendant que de partout le silence dilue
Les choses autour d'elle où plus rien ne remue,
Un frisson me secoue, aigu comme un remords,
Et j'éprouve le sens éternel de la mort.
Ce matin un brouillard plus léger s'insinue
Qui, montant de la mer, voile à peine la nue,
Et je descends, dans une hâte d'y courir,
Sur la grève où le flot lentement vient mourir.
Les dernières lueurs de l'aube se dispersent.
Pendant qu'à tournoyer de grands oiseaux s'exercent
En poussant vers le ciel moins rouge un cri perçant
Qui vient rompre le rythme étrange du jusant;
Pendant qu'à l'horizon où gît la nuit sereine,
Par une déchirure énorme et souveraine
L'astre du jour éclate et vient teindre d'or pur
Dans ce décor mouvant le rideau de l'azur.
Je laisse ma pensée errer, libre et ravie,
Et je goûte le sens éternel de la vie.
Ce soir la brise tiède expire. La forêt
Tressaille mollement et repose; on dirait
Que lasse de jaser avec le vent qui passe
Elle étend son manteau de feuilles dans l'espace
Pour mieux dormir et mieux étouffer tous les bruits
Qu'avivent les matins et qu'éteignent les nuits.
Et pendant qu'adossée à la montagne sombre
Elle se diminue encore dans cette ombre,
Effaçant peu à peu les ultimes reflets
Que le jour disparu retient sur les sommets;
Pendant que de partout le silence dilue
Les choses autour d'elle où plus rien ne remue,
Un frisson me secoue, aigu comme un remords,
Et j'éprouve le sens éternel de la mort.



